Atteinte d’endométriose, Sylvia témoigne de son quotidien et de sa foi

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Depuis l’âge de neuf ans, Sylvia souffre de douleurs pelviennes intenses. Ce n’est pourtant qu’aux alentours de ses vingt-neuf ans qu’elle apprend être atteinte d’endométriose, une maladie qui concerne près de 10 % des femmes en âge de procréer. En ce mois de sensibilisation à cette maladie, InfoChrétienne l’a rencontrée afin qu’elle témoigne de son parcours médical, de ses douleurs quotidiennes, mais surtout de sa foi. Fervente chrétienne, Sylvia affirme que Dieu la soutient dans cette maladie et dit avoir déjà vu des miracles, notamment au travers de ses deux enfants.

  • InfoChrétienne : Vous avez publié une vidéo sur Instagram le 23 mars en évoquant votre quotidien avec l’endométriose, une maladie gynécologique et inflammatoire, qui touche près de 10 % des femmes en âge de procréer. En aviez-vous déjà parlé publiquement ?

Sylvia : Non, je n’en avais jamais parlé. Je ne voulais pas qu’on ait pitié de moi, même si je sentais que le Seigneur me disait que cela pourrait servir à d’autres femmes.

  • InfoChrétienne : Dans la vidéo, vous parlez également de vos enfants. Selon les experts, 30 à 40 % des femmes atteintes d’endométriose ont des problèmes de fertilité. Avez-vous été mise au courant de ces difficultés lorsque vous avez souhaité fonder une famille ?

Sylvia : Oui, bien sûr. On me parlait notamment de PMA. Quand je suis allée voir le médecin, il m’a dit : "Vos règles sont irrégulières et vous avez des kystes", en me prévenant des difficultés que j’allais rencontrer. Personnellement, je m’étais fait à l’idée de ne pas avoir d’enfants. Mais mon mari rêvait de devenir père. Nous avons alors essayé, mais je me suis dit qu’il fallait lâcher l’affaire.

Quand je suis tombée enceinte, j’ai fait un déni de grossesse. Je l’ai su parce que je devais faire une radio. La personne m’a demandé de faire une prise de sang pour vérifier si je n’étais pas enceinte. J’ai cru à une erreur. Mon ventre a commencé à se voir au bout du septième mois. Quand toute ta vie on te dit que tu n’auras pas d’enfants, tu finis par y croire.

  • InfoChrétienne : Considérez-vous vos enfants comme des miracles de Dieu ?

Sylvia : On m’a dit que j’avais eu un coup de chance pour le premier, et on m’a proposé une solution médicamenteuse pour le deuxième. J’étais un peu désespérée, cela m’a replongée dans l’angoisse. J’ai dit à mon mari : le Seigneur nous a déjà fait grâce. Mais plus tard, mon fils me disait : "Tu as ma petite sœur dans le ventre". J’ai alors acheté un test de grossesse et il était positif.

Pour moi, ces enfants sont la preuve que Dieu peut agir malgré les circonstances. Un médecin m’avait pourtant dit que mon utérus devait être enlevé vu son état. Pourtant j'ai deux enfants aujourd'hui. Quand je les vois, je me dis que la vie est extraordinaire.

Dans mon quotidien, j’ai une fatigue qui me terrasse, j’ai des douleurs, et je suis aussi atteinte psychologiquement. Mais j'ai appris à connaître véritablement Dieu. Cela m’a rendue résiliente.

  • InfoChrétienne : Quand avez-vous été diagnostiquée de l’endométriose ? 

Sylvia : J’ai été diagnostiquée de cette maladie il y a sept ans, après de fortes douleurs au ventre. En arrivant aux urgences, on m’a fait une IRM et on m’a annoncé que j’en étais atteinte. Cela a enfin posé un diagnostic sur ce que je vivais au quotidien depuis toujours : des douleurs à différents endroits, des saignements abondants, de la fatigue, etc.

Je me souviens avoir eu mes premières règles à 9 ans, soit plus tôt que la moyenne, et avoir été mise sous hormones dès cet âge. Elles étaient douloureuses et très abondantes. Ainsi, de mes 9 ans à mes 29 ans, j’ai vécu avec ces symptômes sans qu’aucun diagnostic ne soit posé.

  • InfoChrétienne : Quelle a été votre réaction à l’annonce de cette maladie ?

Sylvia : C’était étrange parce que j’ai fréquenté tellement d’hôpitaux et personne n’a été capable de me dire ce que j’avais. Ma mère et moi avons beaucoup dépensé d’argent. J’avais l’impression qu’on m’avait volé des années et que personne ne m’avait apporté de solution.

  • InfoChrétienne : Quelles sont vos symptômes ?

Sylvia : J’ai une endométriose profonde, donc cela touche les nerfs endo-sacrés ainsi que le rectum. J’ai également des douleurs dans le bas du ventre, bien sûr, mais aussi dans la jambe ou encore le dos. J’ai aussi été diagnostiquée d’adénomyose et du syndrome des ovaires polykystiques. J’ai des douleurs très importantes, et ma vie sociale ainsi que mon humeur sont impactées.

  • InfoChrétienne : Au quotidien, comment traversez-vous la maladie ? Votre foi en Jésus vous aide-t-elle ?

Sylvia : Quand j’étais petite, ma mère me lisait souvent l’histoire biblique de la femme à la perte de sang. Les enfants ont une foi incroyable, et je pense que cela m’a sauvée, car je me suis identifiée à ce personnage. Je me suis dit : c’est moi. Et puisqu’elle avait une fin heureuse, je me suis dit que j’en aurais une également.

Pourtant, dans mon parcours, les choses allaient de pire en pire. Mais malgré tout, le Seigneur m’a toujours relevée. Et je vois sa main, notamment à travers mon mari, qui est un véritable soutien pour moi au quotidien.

  • InfoChrétienne : Vous concluez votre vidéo Instagram par “Chaque jour est un miracle”. Quel message d’encouragement pouvez-vous donner aux femmes qui vivent la même chose ?

Sylvia : En publiant, je me suis dit : si cela peut aider ne serait-ce qu’une seule personne… C’est normal de ne pas comprendre. Parfois, nous n’avons pas de réponse.

Je me compare souvent à une personne handicapée : on dit que ses autres sens sont décuplés. Je suis persuadée que ces femmes ont des capacités décuplées, et ce n’est pas à négliger : la capacité d’être multitâche, d’avoir de la force et de la résilience. C’est un vrai don.

Propos recueillis par Mélanie Boukorras


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